Mois: février 2014

Groupe de la semaine

BRETON

Ce collectif issu de la capitale anglaise n’a rien a voir avec ma région où les crêpes et les galettes sont reines. Ils s’inspirent de l’auteur surréaliste André Breton. Début février, ses garçons ont sorti leur deuxième album « War Room Stories« . Un album beaucoup plus accessible que le premier puisque beaucoup plus pop, néanmoins le groupe donne toujours une dimension expérimentale à sa musique.

Pour cette seconde aventure, le collectif a quitté brusquement la banque désaffectée de Londres pour s’installer dans un squat de la capitale allemande. Roman Rappak, le chanteur, confie :  » Le lab (la banque, ndlr) qui nous avait aidé à naître et exister ayant disparu, il ne restait que nous. Cela nous a poussés à retrouver ce qui nous avait fait avancer ensemble au début, sans toutes les béquilles matérielles ». C’est dans au Funkhaus Studio, grand bâtiment désaffecté, auparavant  lieu de la propagande communiste, que le groupe puisera un nouveau son. Plus urbain, plus pop et peut être même plus collectif que le précédent album.« On a pu vraiment se perdre dans la musique, pour véritablement créer les ambiances qu’on désirait. Cet album est vraiment je pense le témoignage fidèle de notre état à ce moment précis de nos vies. »

La force de Breton c’est l’univers différent de chacune des chansons. Chaque morceau est un monde en soi. Des morceaux dark comme « Legs & Arms » et « Got Well Soon« , à de la pop qui provoque le déhanché immédiat comme « Envy« . Ce second album est hybride et Breton n’a pas fini de faire parler d’eux.

Le groupe de la semaine

GRIEFJOY

Pour ce premier article, j’ai décidé de me tourner vers la scène française. Auparavant nommé Quadricolor, les niçois ont mué pour le nom de Grifjoy. Ce changement de patronyme a aussi provoqué un changement de son. Après avoir sorti deux EP et être lauréat du concours CQFD des Inrocks en 2009, les quatre garçons ont sorti un premier album en septembre dernier.

Ses « potes » sortent tous du conservatoire. Leurs musiques sont imprégnées d’univers musicaux éclectiques. « Notre musique est un mélange entre le classique, le jazz, la techno et la pop. » confie David Spinelli. Un mélange entre peine et joie, c’est ce qu’on ressent à l’écoute de cet album éponyme d’où le nom du groupe Griefjoy. Une alchimie entre pop et electro ainsi que divers instruments. Les chansons de l’album sont souvent très sombres. « On ne s’est jamais reconnus dans une scène en particulier. Mais en grandissant, on écoute de plus en plus de musique électronique. On voulait un disque pop, que l’on puisse écouter en soirée sans qu’il nous agresse. Mais on veut aussi développer un live qui soit davantage tourné vers l’efficacité. Peut-être plus dance, et pourquoi pas carrément techno. On prend vraiment notre pied dans cette énergie-là. » confient-ils aux Inrocks. En 2013les niçois ont pu tester leur musique envoûtante sur quelques festivals comme les Eurockéennes de Belfort ou Panterio à Cannes.

Un premier album « solaire et tourmenté » pour les Inrocks et « ambitieux, lyrique et fier » pour Ouifm que je conseille vivement ! (Vous pouvez l’écouter sur Spotify en cliquant sur la pochette de l’album). Je recommande tout particulièrement Feel, Insane et People Screwed Up.

Broadchurch

Marre de la compétition de Top Chef ou d’un énième épisode de Joséphine Ange Gardien ? Je te propose Broadchurch. En plus d’être britannique, cette série est franchement pas mal.

Broadchurch n’est pas une simple énième série policière. A l’image de The Tunnel (adapté de la série suédo-danoise Bron/Broen) l’enquête menée par un tandem de policier met une saison entière pour être résolue, soit huit épisodes. « Le succès de ces séries a poussé nos chaînes à produire des œuvres atmosphériques, patientes et souvent dures, mais mes influences viennent plutôt des créations de Steven Bochco et de Twin Peaks » confie le créateur. Un pitch qui peut paraître banal, mais pourtant une série plus que prenante « Une petite communauté se retrouve sous les projecteurs des médias après la mort d’un petit garçon. Deux enquêteurs sont chargés de résoudre cette affaire délicate, tout en essayant de garder la presse à distance et de préserver le tourisme. Face à un tel drame, les habitants commencent à s’épier les uns les autres, faisant remonter à la surface bien des secrets. » En plus de l’enquête des deux policiers, la série traite les conséquences du drame sur la famille du garçon ainsi que sur la communauté. Dans ce village, tout le monde finit par suspecter son prochain. Son créateur, Chris Chibnall, ancien scénariste de l’excellent Doctor Who a réussi à instaurer une atmosphère extrêmement pesante mêlant le voyeurisme à la psychologie. C’est ici que se trouve la force de Broadchurch. Cette tragédie appelle à l’empathie ainsi qu’au réalisme. Tout n’est pas rose, tout n’est pas noir. Notons aussi la sublime prestation d’Olivia Colman.

Le succès sur la chaîne anglaise ITV a été tellement fulgurant que cette dernière a décidé de commander une seconde saison. Un remake se prépare aux Etats-Unis avec toujours David Tennant (10ème docteur dans Doctor Who) dans le rôle d’Alec Hardy. Côté français, France Télévision a acquit les droits pour sa propre version mais préfère d’abord voir les échos de la diffusion de l’original pour se lancer dans la production.

As-tu vu Broadchurch ? Comptes-tu regarder ?